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AUTHENTIQUE AVENTURE   

Les échos du jour 9...



LES ÉCHOS DU JOUR

Spice girls et pitbulls

Elles sont quatre, jeunes, mignonnes, souriantes et motivées comme ce n’est pas permis. Ce Raid CanéO Nature, il est pour elles, elles vont le faire ! Las ! À cinq jours du départ, un poignet fêlé brise net leur élan. « Il nous fallait d’urgence une ou un remplaçant, explique « la » chef, Karine DUGRAND que l’on a vue, cartes d’état-major en main, diriger ses troupes tel Bonaparte à Marengo. Une fille, ça complétait notre équipe féminine mais mieux valait un vrai costaud qu’une fille quelconque. On me disait le plus grand bien de Franck GARCIN. Il était libre, je l’ai appelé ».

Franck, cheveux longs, traits réguliers, voix douce, est effectivement, côté gabarit, plus proche de l’armoire normande que de l’horloge ardéchoise. Il intervient posément : « Karine, au téléphone le jeudi, était toute timide et me vouvoyait, bien entendu. Quatre jours plus tard, nous dormions sous la même couverture et elle me disait tu ! » Exclamations ! Éclats de rire ! Elles parlent toutes en même temps. Claire PINATEL : « J’étais angoissée, complexée devant sa réputation, surtout en matière de VTT ! » Viviane ROGNANT : « On s’est marré le soir où, sous la pluie, nous nous sommes abrités sous une couverture de survie. L’une d’entre nous l’a soulevée. C’est Frank qui a tout pris ! » Exclamations ! Éclats de rire ! Franck sourit, angélique, et les écoute paisiblement raconter leurs petits et grands malheurs sur le raid : Viviane qui est tombée la tête la première dans le canyon, heureusement stoppée in extremis par son harnais de sécurité ; Karine qui s’endort à VTT ; Claire qui galère dans la grotte...

Beaucoup de malheurs mais quand même un peu de bonheur, non ? En chœur : « Oh oui ! Notre bonheur, c’est Franck ! » Lequel sourit aux anges et contemple, attendri, ces trois filles qu’il appelle ses « spice girls » mais en même temps ses pitbulls ! « C’est un raid très dur et elles assument, ne lâchent rien. La preuve, on est en « raider ». Elles m’ont fait comprendre ce que sont les filles d’aujourd’hui ! » Et les trois de regarder Franck, des étoiles dans les yeux... Et lui de leur sourire gentiment...

Nostalgie des Philippines

Frédéric LILLE et Bruno TAUZIET, de la 28 RAID NATURE 09, sont des anciens de l’Elf Authentique Aventure, version Philippines. Ils en gardent une évidente nostalgie : « On avait plus de liberté, constate Frédéric. Les équipes étaient vraiment autonomes. On organisait l’assistance... On s’arrangeait avec les gens du pays, paradoxalement plus qu’ici, dans notre propre pays ! » Bruno renchérit : « La course était différente. Il n’y avait pas ce couperet permanent de la disqualification : tu passes en « raider », tu es hors classement etc. »

Stéphane MAUREL estime surtout que ce Raid CanéO Nature comporte beaucoup d’imprévus. « On n’est pas cassés, on n’est pas fatigués, on assure. Mais on ne sait jamais, au matin, ce que la journée nous réserve. C’est ça qui est fatigant ! » Pour finir, Bruno commente : « Il ne faut pas croire que nous passons notre temps à critiquer ce raid. Il y a des choses formidables, l’alternance des disciplines, kayak pour les bras, VTT pour les jambes etc. Les sections VTT, par exemple, nous avons trouvé ça super ! »

Concours l’épine...

Avec 51 km de kayak à parcourir entre Beaucaire et le Paty La Trinité et un bon vent de nord pile dans le dos des rameurs, une petite voile d’appoint n’était pas inutile pour s’économiser un peu ou gagner quelques kilomètres par heure. Voyant que certaines équipes étaient dotées de vraies petites voiles taillées pour leur kayak, d’autres ont joué les MacGyver pour bricoler un bout de tissu et le transformer en voile. Les bâtons de marche deviennent des mâts, des ficelles servent à haubaner les bâtons ou régler des voiles qui prennent des formes aussi variées qu’un drap, un k-way, un morceau de bâche ou encore la housse d’une tente de camping ! La palme du chic revient à l’équipe anglaise 37-HELLY HANSEN UK qui, en plus d’une vraie petite voile de kayak, a rajouté un parapluie ouvert sur l’arrière pour augmenter la portance. So british...

5 sur 5

Mardi, à 14h30, l’équipe 29-WILSA SPORT-HELLY HANSEN de Karine Baillet remportait la cinquième étape comme les quatre premières... sans donner l’impression d’avoir forcé ! « Avec près de 5 heures d’avance sur le deuxième au général, on gère notre course, a reconnu Karine à l’arrivée. On prend notre temps au point d’assistance où on reste 20 minutes au lieu de 5. » Pourtant, d’autres équipes tentent sans succès de leur disputer une victoire d’étape. Mais ces quatre raiders survolent l’épreuve depuis le départ. « La fin en kayak sur le Petit Rhône était un peu lancinante, ajoute Karine. Alors, pour ne pas s’endormir, on s’est mis bord à bord et on a pagayé en papotant... » Pour leurs poursuivants, il reste une sixième et dernière étape entre Méjanes et Marseille pour tenter de leur ravir une victoire d’étape. Mais Karine ne l’entend pas de cette oreille...